Bernard Eliaume le maire : « Il m’avait assuré qu’il viendrait. »
I
l a fallu attendre soixante ans pour avoir un ministre, alors un président de la République, vous pensez.
Président de l’Association du souvenir, Serge Martin fait partie des 28 « orphelins de Maillé » encore vivants, 28 garçons et filles dont les parents ont, parmi beaucoup d’autres, été massacrés par les nazis en juin 1944.
L’annonce dans notre édition de mercredi de la possible venue du président Sarkozy, lundi, à Maillé, à l’occasion de la 64e cérémonie commémorative du massacre l’a donc laissé perplexe, ainsi qu’elle a laissé perplexe les autres habitants du bourg.
Et pourtant c’est vrai, Nicolas Sarkozy sera à Maillé lundi à 11 h 35. Ce faisant, le président de la République « ne fait » que tenir sa promesse.
Un village
trop
longtemps
oublié
« En son temps, j’avais sollicité Jacques Chirac qui ne m’avait pas répondu puis les trois principaux candidats à sa succession. Je n’avais reçu qu’une réponse, celle de Nicolas Sarkozy. Il m’avait assuré que s’il était élu, il viendrait se recueillir à Maillé », explique Bernard Eliaume.
Le maire de la commune martyre précise que le candidat-président avait réitéré sa promesse lors d’un meeting de campagne tenu à Rochepinard en avril puis, par écrit, à plusieurs reprises.
« Je pense que le traitement médiatique consécutif à la venue du procureur allemand a activé les choses mais de toute façon, il serait venu avant la fin de son mandat. »
Historien en charge de la Maison du souvenir, Sébastien Chevereau voit, dans la visite présidentielle « un formidable coup de projecteur braqué sur un drame jusqu’alors oublié ».
« C’est une sorte de reconnaissance, c’est la prise en compte de ce qui s’est passé ici. Plus personne ne pourra dire “ Je n’étais pas au courant ”. Les futurs livres d’histoire devront intégrer l’épisode tragique de Maillé alors que jusqu’à présent, les habitants portaient seuls leur histoire. »
Secrétaire d’État chargé du Commerce, de l’Artisanat, des PME et du Tourisme, Hervé Novelli se dit pleinement satisfait. « C’est la première fois que cela arrive à Maillé, c’est à la fois un grand honneur et une grande joie. »
Pour Bernard Eliaume encore, la présence à Maillé, du président de la République et de deux ministres atteste de la reconnaissance de la Nation. « Ils l’attendaient depuis des années. Cela vient en complément du travail discret et concret, mené depuis son ouverture, au sein de la Maison du souvenir ; une structure conçue en partenariat avec les gens du village. On l’a voulu à leur échelle afin qu’ils puissent s’y reconnaître. »
Et de souhaiter que le président de la République, actuellement en charge de la présidence de l’Union européenne, mette à profit sa présence en ce lieu de mémoire « pour donner à son discours une dimension européenne ; pour promouvoir à Maillé une Europe de la paix ».